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Vodun et Orisha, la voix des dieux

VODUN ET ORISHA, LA VOIX DES DIEUX

Catherine et Bernard Desjeux, Guérin Chapsal Montilus (préface,postface)

lundi 17 mars 2014

ISBN : 978-2-909550-90-9
Code Belin : 645090
Format : 20 x 25 cm
Nombre de pages : 194 pages
Prix : 24
Autres infos : 200 photographies couleur
Date de publication :

livre-témoignage montre l’évolution d’un culte. Fondé autrefois sur l’initiation
et le secret, il revendique aujourd’hui une dimension
culturelle, ciment d’une société où la religion relie les hommes et le cosmos.

Au cours d’un premier et long séjour d’un an et demi, suivi par plusieurs autres jusqu’à fin 2012, Catherine et Bernard Desjeux ont pu partager et vivre un grand nombre de cérémonies où les morts deviennent les membres les plus importants de la société des vivants. Ils ont cherché à comprendre, au-delà des apparences, la réalité complexe d’un monde animiste où leschoses sont douées d’une âme. Une vision finalement très moderne et pleine d’enseignements pour celui qui se donne la peine de comprendre l’autre.

Ce livre constitue une somme de documents exceptionnels. Il contient en outre un
texte inédit de Guérin C. Montilus : Le vodun, fiction et réalité.

P.-S.

Catherine et Bernard Desjeux sont journalistes, reporters photographes indépendants. Ils fréquentent l’Afrique depuis de nombreuses années. C’est au Bénin – qui s’appelait encore Dahomey – qu’ils la découvrent pour la première fois. Ils y résident lors d’un long séjour en 1972 et 1973, alors que Bernard est responsable du service audiovisuel du Centre culturel français de Cotonou et Catherine professeur au CESB. Ils ont la chance d’y rencontrer le chercheur haïtien, Guérin Chapsal Montilus, et Pierre Verger avec qui ils entretiendront une longue amitié.
Ils sont auteurs de nombreux livres, parmi lesquels : Sahara, la passion de la vie (Nathan image), Visages de l’Algérie (Hatier/Grandvaux), la France rurale(Chêne), Bénin, Mali, Au nom de la Loire, Casamance, Sénégal pays du donner et du recevoir (Grandvaux). Ils sont également les auteurs des Guides Hachette Evasion Mali, Sénégal et Berry

DANS LA MÊME COLLECTION :
Fleuve Niger, cœur du Mali, Catherine et Bernard Desjeux

RAYON : VOYAGE
MOTS CLÉS /TAG : AFRIQUE - BÉNIN - VODUN - ORISHA - RELIGION - ANIMISME RAYON : VOYAGE MOTS CLÉS : AFRIQUE - BÉNIN - VODUN - ORISHA - RELIGION - ANIMISME- VAUDOU

Auteur : Catherine et Bernard Desjeux

Préface : Bernard et Catherine Desjeux ont écrit ce livre dans un langage clair et limpide. Il est le fruit de leur expérience quotidienne en entrelaçant leur vie avec celle de leurs hôtes, les Béninois du Dahomey des années 1970 et les Béninois du Bénin des années ultérieures. Comme leur initiateur, feu Pierre Verger d’illustre mémoire, leur père dans le métier de l’ethnographie photographique et de la photographie ethnographique, ils partagent leur entrevue documentaire et la documentation vivide de l’existence d’une institution sociale qui fonde la vie des gens. Bernard et Catherine Desjeux nous donnent en pâture leur propre mémoire de la société et de la communauté du vodun sînsen (service des vodun). Leur livre changera la sémantique grotesque de ceux qui convertirent ou continuent de convertir les vodun et orisha en fétiches, et leur “service” (sînsen) en “religion” barbare et sanglante, une sorte d’antiquité de l’âge sauvage des temps préhistoriques. Ainsi s’écroule le discours évolutionniste, qui a inconsciemment continué d’exister dans l’antithèse du Nord et du Sud, du moi et les autres. Les deux auteurs nous montrent, par exemple, que la danse des vodun constitue un art et une chorégraphie. Cela honore la mémoire de l’ethno-musicologue africaine américaine Katherine Dunham qui convertît les danses vodun d’Haïti en ballet euro-américain. Cette nouvelle technique chorégraphique a réconcilié l’antithèse sauvagerie/civilisation en un nouvel art moderne. Bernard et Catherine Desjeux ouvrent les arcanes des vodun et orisha à travers leur propre histoire au Bénin, leur propre expérience, leurs contacts avec les croyants, les initiés, les officiants et beaucoup d’autres. Le livre entrouvre la porte sur le mystère du vodun sînsen et orisha, le code oral et collectif des croyances et de conduites, la culture et son adaptation écologique en Afrique et dans les Amériques. Le vodun sînsen a survécu à la barbarie de l’esclavage et à l’oppression de l’ère coloniale parce que les vodun et les orisha s’identifient avec le mode de vie de la communauté dans une alliance de “don et contre-don” (Marcel Mauss) et cela dans une relation cosmocentrique pour le bénéfice des hommes. Aussi, il n’y a pas de ciel ou d’enfer dans cette alliance. Elle est géocentrique et existentielle, comme le disent et le démontrent les deux auteurs. Les vodun existent pour la terre et les hommes. À la mort des vodunsi (épouses des vodun, initiés), il faut enlever le vodun de leur tête (de su n’e). Car on n’a pas besoin du vodun dans le monde des morts, selon l’eschatologie de cette culture. Quand Bernard et Catherine Desjeux m’ont rencontré en 1972 à Cotonou, Bénin, je n’ai pas manqué de leur dire que les vodun étaient inintelligibles. Les rois, disent les gens, ont enfermé leurs secrets dans une calebasse (ka), et n’en ont laissé la clé à personne. Les secrets des vodun et des orisha sont impénétrables. Il constituent un mystère. Les Haïtiens s’en sont souvenus, c’est pourquoi ils appellent les lwa (vodun) mistè (mystères), à cause de leur inintelligibilité. Il ne faut pas essayer de les compter. Leur nombre défie la méthode calculatrice quantitative. Ils sont incalculables. Ils sont les compagnons des hommes, et sont par conséquent aussi nombreux que les problèmes humains qui sont eux-mêmes innombrables. Les vodun et les orisha s’entrelacent avec la condition humaine et lui donnent sens. C’est un panthéon ouvert – non clos comme le canon des saints d’autres panthéons – où peuvent s’ajouter bien d’autres vodun et orisha jusque-là inconnus des vodunsento (serviteurs des vodun), quand ils sont trouvés par d’autres hommes, incorporés dans d’autres cultures. Les vodunsento adoptent ces nouveaux vodun (Haïti) et orisha (Brésil, Cuba) qui ont prouvé leur efficacité. Le panthéon vodun est cosmopolite, non syncrétique (mixte). J’ai aussi rencontré le cas du crucifix que les auteurs rapportent dans leur mémoire et ont documenté. Le vodunon (propriétaire du vodun) me dit : “Jesu Christu, vodun we nyi”, Jesus-Christ est un vodun). On peut le lire en filigrane dans le livre de Bernard et Catherine Desjeux, les vodun et les orisha sont des symboles et des métaphores qui épousent le contour de la réalité culturelle. Leur existence est réelle, mais non empirique. C’est pourquoi la communauté des vodusento les définit comme nu (chose). Ils sont connaissables par leurs effets, non pas physiquement. Quant à la phytothérapie, elle doit la vertu curative des feuilles aux vodun. Le vodunon doit connaître les feuilles de son vodun comme on l’a dit et redit le professeur Jérôme Médégan Fagla, médecin. Bernard et Catherine Desjeux nous livrent un livre essentiel sur leur rencontre culturelle avec les vodun et orisha. Cet ouvrage s’adresse à tout le monde comme un témoignage vécu au fil de plusieurs voyages échelonnés sur plus de quarante ans. Il nous apprend que les cultures sont des discours humains, chargés de sens dont il faut apprendre la grammaire, la syntaxe, la sémantique et l’histoire par la pratique et avec patience. Ce livre reprend le grand pèlerinage de Orisha et Vodun, celui du feu Pierre Verger, un ami de qui nous avons beaucoup appris. Les auteurs nous conduisent dans les dédales de l’imaginaire africain toujours actif sur le continent et la diaspora. Pierre Verger m’avait dit une fois : « C’est par la pratique qu’on apprend à connaître les religions africaines ; cela ne s’enseigne pas. » Ce livre en est un témoignage.

Guérin Chapsal Montilus
Professor, Anthropology Department
College of Liberal Arts and Sciences
Wayne State University. Detroit, MI, U.S.A.

Presse : Le courrier des auteurs : 24/05/2014
www.tousleslibraires.com

1) Qui êtes-vous ? !
Nous sommes deux à essayer de comprendre ce que nous voyons et tentons de le faire partager : Photographe, journaliste, éditeur dans le désordre et réciproquement !

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Un témoignage sur ce que nous avons vu et vécu lors d'un long séjour en Afrique au Bénin, pays d'origine du vaudou (ou plus exactement vodun) et en complément des réflexions aidées par de nombreuses lectures et surtout la rencontre de Pierre Verger et Guérin Montilus deux personnages hors norme concernant le sujet. Une plongée dans l'animisme au delà des préjugés et de l'exotisme.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Dans la vie il n'y a pas que les x et les y"

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
un roulement de calebasses gotta de la divinité shango ou les trompes royales sonnant dans la brousse.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le sens de l'autre. Comprendre la culture de l'autre pour redécouvrir sa propre culture.

Académie des sciences d'Outre-mer.
Philippe David
Un superbe album, d’abord d’une extrême richesse photographique mais aussi, annonce le préfacier haïtien Montilus, “ un livre essentiel écrit dans un langage clair et rapide ” et qu’il clôt encore par un “ post-texte ”, excellent descriptif du vodun (rédigé dès 1974). Les auteurs, qui aiment à se définir comme des “ photographes militants ”, jeunes coopérants tous deux en poste dès 1972 au Dahomey de l’époque (futur Bénin), sont tombés et restés amoureux de ce pays, de plus en plus familiers de ses richesses culturelles et religieuses et bien intégrés à l’univers vodun, pour avoir tout simplement voulu et su vivre avec respect et modestie parmi leurs amis et voisins, rare vertu qui avait déjà été celle de Michel Croce-Spinelli quelques années plus tôt. A côté de leurs souvenirs et témoignages personnels, ils n’en font pas moins une large place aux autres auteurs saisis eux aussi par la magie, complexe et secrète, du Vodun, à commencer par leurs guides, inspirateurs et amis Pierre Verger (1902-1996) et Montilus déjà cité. L’ouvrage comporte en outre un “ cahier de lectures ” final regroupant vingt récits ou citations de toutes les époques, depuis le Livre de l’Apocalypse jusqu’à Gilbert Rouget et Hélène Joubert, en passant par le R.P. Labat, Paul Hazoumé, A. Tidjani Serpos, Roger Bastide, le R.P. Falcon, Pierre Verger de nouveau, et d’autres encore. On sait que le culte du vodun, persécuté et ébranlé par la République populaire, a été réhabilité et réconforté par les autorités du nouveau Bénin dès 1989. Encore combattu par les représentants les plus intransigeants de l’Eglise catholique comme irrationnel et obscurantiste, voire parfois criminel, il n’en imprègne pas moins si fort tous les aspects de la vie quotidienne qu’il fournit et impose à la société béninoise des pratiques non plus seulement cultuelles mais purement et largement culturelles et de ce fait encore plus incontournables. Ceci dit, ses meilleurs connaisseurs le savent parfaitement : le vodun demeure littéralement multiple et déroutant, incompréhensible, inintelligible. Il n’a pas livré tous ses secrets et ne les livrera probablement jamais. A Haïti même, ne les appelle-t-on pas mistè ? On sait en tout cas qu’à l’intérieur d’un vodun global, les vodun partiels, familiaux ou spécialisés, sont innombrables : en 1937 à Ouidah, Christian Merlo en a compté 458 pour 10.000 habitants, soit un pour 20, et 92 couvents. Sans mythologie ni panthéon organisé, le vodun est fait en réalité de “ monothéismes multiples juxtaposés ” disait Pierre Verger qui s’estimait d’ailleurs “ trop rationnel ” pour tout en comprendre et tout en accepter, sagement contraint, comme le R.P. Falcon, de “ vivre dans l’ignorance ” d’un culte dont il était pourtant le meilleur connaisseur et adepte non africain. Etalées sur quarante ans, les photos de cet ouvrage couvrent pratiquement tous les aspects possibles du culte au Bénin (et parfois aussi au Togo pour les plus récentes) : cérémonies, sacrifices, chants et danses, fêtes de village, divination par le Fa, présentation des asèn, transes, désenvoûtement, réanimation, cueillette de plantes médicinales, offrandes des Mamy Watta à la mer, fabrication de colliers et de tambours, défilés des masques Guélédé. Elles illustrent aussi les retrouvailles désormais plus intimes et plus intenses du Brésil et de l’Afrique, à l’occasion du 1er Festival des Cultures vaudou de Ouidah en 1993 puis du Festival des divinités noires de 2012 au Togo. Saluons donc la qualité technique et la richesse intellectuelle de ce “ livre-témoignage ” qui rend à l’Afrique, en textes et plus encore en images, un fraternel et intelligent hommage.
Philippe David

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GRANDS REPORTAGES:

Le vodun est un mot de langue fon qui désigne les ancêtres assimilés à des divinités et, par extension, le culte rendu à ces divinités. Cette contribution de deux connaisseurs, amoureux de l’Afrique de l’ouest, nous permet de plonger dans les arcanes des vodun fon et des orisha yoruba. Ce culte, autrefois initiatique et secret, est devenu le ciment identitaire d’une société où l’homme reste étroitement connecté au cosmos et aux forces invisibles. Au travers des multiples aspects du « chemin », où s’entremêlent raison et émotion, connaissance et intuition, transmission, famille, passé et avenir… émergent des pratiques et une spiritualité devenues indiscutablement culturelles. Un témoignage remarquable.

Extraits : Les courts extraits de livres : 02/06/2014

Quelle aventure ! Cela a commencé en 1972. Cela a continué lors de plusieurs séjours qui nous ont permis de constater l'évolution d'un culte. Fondé autrefois sur l'initiation et le secret, il revendique aujourd'hui une dimension culturelle, ciment d'une société où la religion relie les hommes et le cosmos.

La feuille de perroquet rouge entre les dents, le vodunon, le prêtre du vaudou, honore ses ancêtres divinisés. Danse, ferveur, rite. Les tambours rythment la pulsation du monde, unissent morts et vivants. À Tori, les jeunes initiées s'inclinent à terre pour nous saluer, frappent dans leurs mains, chantent, avant de se retirer dans la pénombre du couvent. Moments d'émotions, d'instants partagés au-delà du réel.

Épaules et pieds nus en signe de respect, dans un silence total, nous attendions assis dans la clairière du dieu Teido la fin de la prière que lui adressent ses prêtres. Ils se redressent tous maintenant, se dirigent vers le boeuf entravé. La foule se lève d'un seul mouvement, entoure les vodunon qui tendent leur lance vers le ciel puis la piquent vers l'animal à terre. Les foulards blancs qui ceignent leur tête focalisent les regards. Aplogan, le ministre du culte, pique le premier sa lance sur le corps du boeuf. Les prêtres tournent autour de la bête et toute l'assistance, lentement, s ébranle au rythme de leur chant.
Teido était, à la fin du XVIe siècle, l'ami d'Adjahuto, le grand ancêtre royal des trois dynasties d'Allada, Porto-Novo et Abomey. Nous aurons la chance de suivre pendant six mois la plus grande cérémonie vodun qui a servi de modèles à toutes les autres. Tous les deux ans, les représentants de ces rois se retrouvaient à Allada pour fêter, honorer l'aïeul qui disparut un jour dans une termitière. Offrandes, processions, salutations, piété, joie, retrouvailles se mêlaient pendant les cérémonies.
Un soir, dans son palais d'Allada, le roi Tohi nous parla d'Adjahuto, son ancêtre. Il serait né de l'union du roi de Tado au Togo et d'une panthère Agas-sou métamorphosée en femme, alors qu'elle puisait de l'eau au bord du marigot. Puis le marxisme arriva, le roi Tohi décéda. À Allada, le grand cycle des cérémonies royales fut interrompu.

Un panthéon où la nature est douée d'une âme

Le vaudou, ou plus exactement vodun en fon, la langue principale du sud-Bénin, honore les ancêtres divinisés, un des chaînons les plus importants de la société des vivants. Les Yoruba les appellent orisha. Sans la protection de ces anciens, la vie est difficile sur terre. La cérémonie en quatre temps - prière, offrandes, sacrifices, communion à travers danses et transes - est le moment privilégié pour ramener l'ancêtre parmi les vivants, le fêter, partager un repas avec lui, afin que, ne se sentant ni oublié, ni abandonné, il protège ses descendants tout au long de leur vie. Lorsqu'il est temps de rappeler aux vodun qu'on pense à eux, la cérémonie commence.

Les dieux sont rédempteurs pour qui les respecte

Rien ne se fait sans les consulter, sans s'assurer de leur protection. Ils se comptent par centaines et leur hiérarchie varie selon les lieux : certains voient leur existence limitée à une seule famille élargie, d'autres ont une influence immense. Les ancêtres royaux comme les Tohossou, liés à la famille des Nessuhué, princes et princesses d'Abomey, deviennent des vodun communs à tout un peuple : par la "vodunisation" des membres de la famille royale, le pouvoir politique des rois s'est accru à travers la crainte religieuse car vodun et orisha sont les intermédiaires entre les hommes, leurs descendants, et les créateurs suprêmes de l'univers, le couple Mawu-Lissa. Un couple inaccessible.

Portfolio

Vodun et Orisha, la voix des dieux Pierre Verger, Bernard Desjeux 1993