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On compare souvent l’Afrique à un chaudron, image commode pour qui se tient à l’extérieur.

Petits blancs, vous serez tous mangés.

mardi 16 septembre 2008

ISBN : NC
Code Belin : NC
Format : NC
Nombre de pages : NC
Prix : NC
Autres infos :
Date de publication :

On compare souvent l’Afrique à un chaudron, image commode pour qui se tient à l’extérieur. Cette histoire se place au contraire à l’intérieur de l’Afrique. Elle ne l’utilise pas comme décor, mais se meut dans le milieu réel où se frottent les formes infinies de l’espoir et de l’injustice. Beaucoup de personnages sont des Africains, bien sûr, mais les deux principaux sont des Blancs. L’un, André Juvénal, planté depuis assez longtemps en terre africaine pour désirer et redouter à la fois d’y prendre racine. L’autre, Christian Marion, que son métier de journaliste a envoyé là pour tout juger en un clin d’œil. Mais au contact de Juvénal, et jusque dans sa fin tragique, Marion découvre ce qui se cache derrière les paysages fascinants, la menace étouffante de la forêt, les secrets inavouables de la ville noire-blanche. Il découvre la pire des maladies tropicales : la certitude d’en savoir assez long sur l’Afrique pour ne rien apprendre d’elle.
couverture : détail d’un motif sur tissu de Kandioura Coulibaly. Photo Catherine Desjeux

P.-S.

"Je sortais des Arts et Métiers. L’armée m’a appelé et j’ai demandé à partir pour l’Afrique comme coopérant. Ils m’ont envoyé ici. J’ai été nommé professeur dans un centre de formation technique. Pendant dix-huit mois, je n’ai pratiquement pas bougé de la capitale, sauf pendant les vacances où je suis allé trois ou quatre fois sur la côte, et une fois dans la réserve. Je suis allé aussi quelques jours au Nigeria, avant qu’ils ne commencent à se massacrer. J’ai mené une vie de célibataire comblé. J’étais bien logé, le climat ne me gênait pas. Avec la mer et la piscine, c’était un peu comme si je vivais sur la Côte d’Azur. J’avais un boy, des loisirs. J’étais bon catholique, et pendant quelque temps j’ai fréquenté les Pères jésuites qui s’occupent de formation professionnelle dans les faubourgs africains. Ensuite je les ai vus moins souvent, parce que je m’étais fait des amis et qu’on se recevait beaucoup. Et puis, autant vous le dire, croire en Dieu me devenait de plus en plus difficile à mesure que les mois passaient. Comme ça. A la fin, ça m’est devenu complètement impossible. Avec cette ville sous les yeux, ce pays, Dieu m’a paru invraisemblable. La faute aux fameux objectifs prioritaires, sans doute. Augmenter le revenu par tête, la natalité, l’espérance de vie, améliorer la ration de calories et de protéines, obliger les gens à se laver les mains, à se faire vacciner, à se torcher convenablement, leur construire des maisons en ciment, leur donner des outils, des machines, des voitures, leur enfoncer dans le crâne les notions de rendement, de profit, d’épargne, leur apprendre à lire, à écrire, à compter, leur créer des besoins pour qu’ils s’endettent, que de cette façon ils travaillent davantage, qu’ils cherchent des places mieux payées, qu’ils mettent de l’argent à la banque et qu’ils sachent remplir des chèques, signer des traites, rédiger des rapports, des mémoires, des discours, des pétitions, comprendre les allocutions de leurs patrons et obéir aux mots d’ordre... On ne peut pas penser uniquement à ces choses-là, en parler jusqu’à en être saoûl, travailler à longueur d’année pour qu’elles se réalisent et croire en même temps qu’il y a le Bon Dieu des chrétiens à la clé, celui qui donne le lys des champs et les oiseaux du ciel en exemple aux braves gens torturés par leurs fins de mois. Le fétiche tient mieux le coup, parce que ses promesses à lui sont exactement adaptées au programme : santé, fécondité, fric, mort du concurrent ou de l’oncle à héritage. C’est pourquoi les termites ne sont pas près d’en venir à bout. Mais laissons ça de côté pour l’instant."

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