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Clarisse et Laurent Liautaud ont sillonné les pistes africaines du sud au nord pendant plusieurs mois. Les personnages rencontrés les ont bien vite considérés comme des rafiki - des amis. Ce livre permet aux auteurs de partager leurs questionnements sur le sens du voyage mais aussi sur le développement de l’Afrique et ses relations avec l’Occident. « Heureux qui comme Clarisse a fait un beau voyage ! »

Rafiki, de Maputo à Tunis

mardi 16 septembre 2008

ISBN : 978-2-909550-56-5
Code Belin : 645056
Format : 13x20 cm
Nombre de pages : 176 pages broché
Prix : 15 €
Autres infos :
Date de publication :

La traversée de l’Afrique...

Après avoir vécu deux ans au Mozambique, Clarisse et Laurent Liautaud ont entrepris un long voyage en Afrique, sillonnant les pistes du continent du sud au nord, du Mozambique à la Tunisie. Au hasard de leur traversée, ils ont rencontré des personnages hauts en couleur qui les ont bien vite considérés comme des rafiki - des amis, en swahili. Militaires, humanitaires, hommes d’affaires ou simples villageois, sud-africains, ougandais, soudanais ou même européens, ces personnages illustrent en kaléidoscope ce qu’est l’Afrique aujourd’hui. Le récit de ces rencontres prend à rebours de nombreux clichés sur le continent et permet aux auteurs de partager leur questionnement sur le sens du voyage mais aussi sur le développement de l’Afrique et ses relations avec l’Occident.

ce livre et consultable sur ce site :
http://www.bibliovox.com/BookDetail...

Clarisse et Laurent Liautaud sont nés en 1978. Ils ont vécu dans plusieurs pays d’Europe et des Caraïbes avant de passer plusieurs années en Afrique. Clarisse travaille aujourd’hui pour l’Agence Française de Développement et Laurent pour Bain & Company, l’un des leaders mondiaux du conseil en stratégie.

P.-S.

Extraits :
"Extraits Nous avons traversé l’Afrique, de Maputo à Tunis, en passant par le Cap et le Caire. Après deux années passées au Mozambique, nous devions rentrer chez nous, en France. Plutôt que de prendre l’avion, nous avons installé un réfrigérateur, le matériel nécessaire pour cuisiner et quelques tiroirs de rangement à l’arrière de notre voiture. Nous l’avons équipée pour pouvoir transporter cent-cinquante litres d’essence et soixante-dix litres d’eau. Dans le coffre, à côté du matériel de camping et des pièces détachées, il restait de la place pour quatre jours de vêtements. Sur le toit, en plus de la deuxième roue de secours, de deux jerrycans d’essence et d’une bouteille de gaz, nous avons monté une tente pliable, qui permet de dormir perché, à l’abri des bêtes sauvages. Et nous sommes partis.

Le voyage est l’activité humaine la plus égoïste. On part, loin de sa famille, de ses amis, de son travail et de ses responsabilités. On dépense de l’argent, beaucoup d’argent, qui aurait pu servir à acheter des cadeaux, un toit pour sa famille ou encore à payer toutes sortes de cotisations sociales. En chemin, on s’arrête parfois, on vole quelques photographies et quand on a tout vu, bien mangé et bien bu, on s’en va. Mais le voyage n’est rien sans les autres hommes. Même la plus paradisiaque des plages désertes, dans le Pacifique, les Caraïbes, ou l’Océan indien ne vaudra rien face à celle où vous rencontrerez des enfants qui s’amusent au bord de l’eau, un pêcheur avec qui vous partagerez un poisson grillé ou un milliardaire américain qui vous invitera à la petite fête qu’il donne, le soir, sur son yacht. Egoïste mais insignifiant sans les autres hommes, le voyage est la plus humaine des expériences. Franchir une frontière en Afrique réserve toujours des surprises. Même lorsque l’on est habitué au désordre des files de camions obstruant la piste, aux mines patibulaires de certains négociants de passage, aux nuages de poussière soulevés par la foule, aux sautes d’humeur de policiers qui ont la tâche délicate de maintenir l’ordre dans ces lieux de transit agités, aux sollicitations de dizaines de jeunes hommes proposant leurs services pour échanger des devises et remplir la terrifiante paperasse qui attend le voyageur, on appréhende ce chaos.

Si vous l’interrogez sur ces sujets, sur sa responsabilité de riche occidental vivant au milieu d’un océan de pauvreté, Philipp van Duyn deviendra plus grave, sa voix s’enrouera un peu, comme toujours lorsqu’il parle beaucoup, et vous verrez qu’il a beaucoup réfléchi à la question. Il emploiera tout son charisme, toutes ses techniques de marketer et tous les dons de pédagogue qui en ont fait un professeur de management populaire en Europe comme en Amérique latine, pour vous persuader qu’offrir un poisson ne sert à rien, et qu’il vaut mieux enseigner la manière de le pêcher. Il vous parlera de Gabriel Mungani, cet enfant de l’un des bidonvilles les plus sordides d’Harare, qui a commencé à travailler à la chaîne, sur une des lignes de production d’Unilever. Un contremaître a remarqué que Gabriel Mungani était plus assidu, qu’il restait un peu le soir, pour donner un coup de balai sur son poste de travail et lui a confié la responsabilité de la ligne. Sa ligne fonctionnait mieux que les autres, alors on lui a proposé de retourner à l’école. Et ainsi de suite. Gabriel Mungani est aujourd’hui directeur des ressources humaines d’une filiale d’Unilever. Et, raconte Philipp, celui qui criera le plus fort, qui vous fera le sermon le plus cinglant, qui vous boudera plusieurs jours s’il vous surprend à donner un bonbon, une pièce ou même un cahier à un enfant, c’est Gabriel Mungani. En matière d’idées sur la lutte contre la pauvreté, avoir parcouru le chemin qui mène de la boue des bidonvilles d’Harare aux épaisses moquettes des bureaux d’état major d’une multinationale vous donne quelques longueurs d’avance. L’Afrique, mais qu’y a-t-il de commun entre Wadi Halfa, Cape Town et Nairobi qui attire le voyageur ? Un soir, à Kampala, en Ouganda, nous nous sommes engouffrés dans un taxi pour rejoindre un restaurant. Le chauffeur de la Toyota Corolla dont les haut-parleurs criaient une musique riche en basse se perdit à plusieurs reprises en descendant la colline et, comme toujours, ne connaissait pas l’adresse indiquée. Il baissait régulièrement sa vitre pour demander son chemin à un vieil homme en costume étriqué, à une bande de gamins excités en t-shirt Nike ou à une jeune fille pulpeuse habillée de couleurs criardes. La voiture se faufilait entre des limousines et des tas d’ordures, et les minibus, tous des Toyota Hiace bondés, se disputaient les priorités et se croisaient en tout sens. La lumière déclinait, voilant la ville d’un halo orange qui atténuait le contraste entre les gratte-ciels et les baraquements de tôle ondulée, sur la même image. Dans cet instant, peut être avons-nous eu l’impression de saisir à la fois l’Afrique et le trouble du voyageur qui s’émerveille et s’amuse de ce charmant désordre, tout en souhaitant qu’il cesse, vite. "

Auteur : Clarisse et Laurent Liautaud
Préface :
Presse :
Extraits :

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